Principales publications

Comme la plupart des traductologues, la vision de mon travail est axée sur l’ensemble des phénomènes qui agissent sur la communication multilingue. Il me semble important de ne plus considérer l’interprétation sous le seul angle de la combinaison linguistique voire de la modalité (langues vocales versus langue signées) puisque l’on observe de nombreuses similitudes entre les pratiques lorsqu’il s’agit de situations d’interprétation de service public.

S. Pointurier, "Théories et pratiques de l’interprétation de service public", Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2016

Comment comprendre les règles, les droits et les devoirs d’une société quand on n’en parle pas la langue, soit parce qu’on est étranger, soit parce qu’on est sourd ? Selon la Convention européenne des Droits de l’Homme, toute personne qui ne parle pas la langue nationale, qu’elle soit sourde signante, migrante économique ou réfugiée politique, doit pouvoir comprendre et s’exprimer dans sa langue. C’est ici que l’interprétation de service public intervient et prend toute son importance car elle permet la rencontre avec les différentes instances de la République dans le respect de chacun. Cet ouvrage pédagogique présente l’interprétation de service public comme un domaine de spécialité à part entière, avec les enjeux humains, éthiques, psychologiques, culturels et techniques propres à cette pratique. La première partie de ce manuel aborde les principales théories de la traduction appliquées à l’interprétation de dialogue. La seconde est une application pratique de l’interprétation dans trois contextes différents : en milieu judiciaire, en milieu médical et enfin, en milieu pédagogique.  

Cet ouvrage est destiné aussi bien aux étudiants interprètes (langues vocales et LSF) qu’aux professionnels qui fournissent des prestations d’interprétation pour l’ensemble des services publics français (justice, police, médecine, éducation, etc.).

 



S. Pointurier, "L’invisibilité de l’interprète, un vœu pieux ?"  L’Information Grammaticale, n° 149, mars 2016

Cet article questionne les différents aspects liés au corps de l’interprète en langue des signes pendant l’acte traductionnel : le corps comme vecteur linguistique du message transmis, le corps dans sa dimension médiatrice dans l’interaction et le corps dans sa dimension de communication entre les parties en présence. En analysant la notion de l’invisibilité de l’interprète, l’article met en avant plusieurs approches qui peuvent entrer en contradiction : le fait d’avoir besoin du corps de l’interprète pour communiquer et se faire comprendre tout en rejetant sa possibilité d’exister dans l’interaction d’une part, et la reconnaissance de l’impact de l’interprète dans le discours tout en taisant sa dimension physique d’autre part. Nous discuterons de ces tensions qui pèsent sur l’interprète et sur les locuteurs en présence et qui résultent de la contradiction entre les injonctions d’invisibilité et l’impossibilité à l’être. L’éclairage des approches traductologique et sociolinguistique peut apporter quelques éléments de réponse pour mieux comprendre l’acte traduisant dans toute sa complexité et permettre ainsi un décentrement des considérations qui tient compte des besoins des trois parties en présence : les locuteurs sourds, les locuteurs entendants et l’interprète.



Le Modèle d'Efforts de l'interprétation

Mes travaux sur le Modèle d'Efforts de D. Gile en interprétation en LSF ont été intégrés dans la littérature internationale sur l'interprétation en LS, par Gile lui-même ainsi que d'autres auteurs.

Pour voir l'actualisation du Modèle d'Efforts par Gile cliquez ici.

 

S. Pointurier, Cognitive challenges in sign to voice interpreting, EFSLI Conference 2015

Conférence 2015 “To say or not to say – challenges of interpreting from sign language to spoken language”, European Forum of Sign Language Interpreters, Varsovie, Pologne.

Résumé : For the majority of our colleagues working between two or three spoken languages, interpreting into their A language (first/native language) is seen as a norm, simply because this direction in the translation process is generally perceived as being the most adapted for the task. Why is it then that for Sign Language interpreters, working into the A language is a particular challenge, or at least it is experienced as such by the majority? We will try to analyze the key aspects of this particular point seen from the perspective of the translation studies. This presentation will focus on some cognitive, linguistic and sociological aspects of the interpretation process from a visual into a spoken language.

 

S. Pointurier, SL interpreting : challenges, tactics and efforts, EFSLI Conference 2014

Actes de la conférence 2014 “Mind Tricks. Our brain is the limit. Cognitive processes in Sign Language Interpreting”, European Forum of Sign Language Interpreters, Anvers, Belgique.

Les actes de la conférence sont disponibles en cliquant ici.

Résumé : What happens in the head of the interpreter the heat of the moment? What are the challenges? What are the tactics of the interpreter and what are their impacts on the process of interpretation? Our demonstration is based on Daniel Gile’s Efforts Model of simultaneous interpreting (1985, 1995 and 2009). This model relies on the notion of attentional resources and processing capacities developed in cognitive psychology. Simultaneous interpretation is not an automatic operation, as the realization of the process is controlled and requires “energy”, which means attentional resources and processing capacities. The empirical approach of our research has allowed us to highlight several findings: first we identified the major SL interpreters’ challenges (linguistic, social, space, etc.) and their impacts on the interpreter’s production. Then, we focused on the main tactics available and we analyzed the cognitive impact of these tactics on the general process of SL interpretation. Our conclusions allowed us to make a proposition of an adaptation of Gile Efforts’ model applied to SL interpreting. The lecture will include the presentation of this model.



S. Pointurier & D. Gile, 2012, "Les tactiques de l’interprète en langue des signes face au vide lexical : une étude de cas", The Journal of Specialised Translation, n°17

De par son histoire, le lexique spécialisé de la Langue des Signes Française (LSF) n'a pas eu la possibilité de se développer de la même façon que les langues de grande diffusion. Ce qui ne pose pas de problème en situation dialogique pose en revanche régulièrement problème aux interprètes dont la production est contrainte par le rythme de l'orateur et par le temps. Quatre cours de contrôle de gestion auxquels participait un étudiant sourd interprétés par quatre interprètes professionnels ont été enregistrés, et les tactiques des interprètes face à des termes français n’ayant pas d’équivalent lexical en LSF ont été identifiées, énumérées et analysées. Les cas de vide lexical se sont avérés interessants car ils ont permis de mettre en lumière les tactiques employées par les interprètes. Ces tactiques renvoyaient souvent à des termes en français, ce qui n’est pas conforme à une norme sociolinguistique forte dans la communauté sourde française. Ce choix peut s’expliquer par le souhait des interprètes de répondre aux besoins de l’étudiant sourd, qui devait connaître les termes français lors des examens, et vient appuyer la théorie du skopos


S. Pointurier, "L’interprétation en langue des signes française : contraintes, tactiques, efforts", thèse de doctorat en traductologie, ESIT, Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle.

C’est la démarche empirique qui a été le point de départ de mon approche de la traductologie. Dans le cadre de ma thèse, j’ai choisi d’adapter le concept du Modèle d’Efforts de la simultanée entre langues vocales de Gile à l’interprétation du français vers la langue des signes. Cela m’a permis d’étudier plus avant les tactiques traductionnelles généralement utilisées par les interprètes en langue des signes et leurs implications sur les ressources cognitives. J’ai également étudié l’objet « interprétation en langue des signes » en tant que tel au regard de ses aspects historiques, sociologiques, sociolinguistiques, linguistiques et psychologiques.

 

Les études empiriques que j’ai réalisées à cette occasion ont mis en avant le fait que les interprètes ajoutent dans leur production des éléments qui ne font pas partie du discours source, et ce dans une optique intégrative de la personne sourde à l’événement interprété. La dimension de médiation en interprétation en langue des signes est très importante et se concrétise par des choix traductionnels non conscients, parfois surprenants et souvent chronophages pour l’interprète (utilisation de plusieurs tactiques pour un seul et même segment par exemple). Ces travaux empiriques viennent confirmer les théories sociolinguistiques développées depuis une dizaine d’années par des auteurs anglo-saxons et d’Europe du Nord.


Conférences

En mai 2018, j'étais professeure invitée à l'Université Charles de Prague (République Tchèque) pour un cycle de 3 conférences :

le vendredi 11 mai 2018 

(1) The interpretive model (Seleskovitch and Lederer)

(2) Sign language interpreting and cognitive issues 

(3) Challenges in community interpreting . 

 

Ce séjour s'est déroulé dans le cadre du projet de développement FF VS UK 2016-2018 TO1- Professionnels et Innovations, La Théorie de l'Interprétation pour les étudiants en traduction et en interprétation.

 

 

Le 22 Mars 2017 j'ai eu le plaisir d'être invitée à participer à la manifestation "Une heure, un auteur". Un grand merci à la Direction des Bibliothèques Universitaires de la Sorbonne Nouvelle Paris 3, au Service d'Action Culturelle et aux PSN pour l'organisation de la conférence et leur accueil. 


Recensions de mes travaux

THE CIRIN BULLETIN n°54, Juillet 2017

Conference Interpreting Research Information Network. An independent network for the dissemination of information on conference interpreting research (CIR) and related research.  

 

"(...) Pointurier does not waste words and space. She addresses essential points, including sensitive issues, in very readable language, without forgetting to quote the international literature, including relevant findings from empirical studies. A useful compendium".

Disponible en entier sur le lien ci-dessous.


 Petraş, C, (2017), Théories et pratiques de l’interprétation de service public, Le français à l'université, 22ème année, numéro 02, 2017, mise en ligne le 15 juin 2017

 " (...) L’analyse du travail d’interprétation proposée dans ce livre montre bien la complexité du statut de l’interprète de service public, qui n’est plus simplement envisagé comme celui qui transpose un discours d’une langue à l’autre, mais comme un médiateur dont le rôle est essentiel dans la réalisation de la communication."

Disponible sur le lien ci-dessous


René de Cotret, (2016), Théories et pratiques de l’interprétation de service public [de Sophie Pointurier], Alterstice – Revue Internationale de la Recherche Interculturelle, vol. 6, n°2

"Un seul après-midi m'aura été nécessaire pour dévorer le premier livre de Sophie Pointurier, un essai d'un peu plus de 100 pages. De l'Antiquité à la mondialisation en passant par le traité de Versailles - qui coiffe la transition du français vers l'anglais comme langue internationale, ai-je appris - l'auteure donne de précieuses clés au lecteur en quête de (nouvelles) connaissances à propos d'un métier millénaire des plus humbles, l'interprétariat. J'utilise ici le terme « interprétariat » pour référer à la fonction ou au métier de l'interprète, ce que Sophie Pointurier nomme « interprétation ». Dans cette note de lecture, je restreins l'emploi du terme « interprétation » à l'action de traduire oralement. (...)"

Disponible en entier sur ce lien ci dessous