05. novembre 2018
Un interprète qui parle encore est un interprète qui n’a pas fini sa phrase. C’est donc une personne interrompue en plein travail. Plus sérieusement, ce phénomène relève d’une forme de violence systémique qui sous-tend que l’interprète est subalterne au professionnel et que son travail peut être interrompu à tout moment. On coupe plus aisément la parole à celui ou celle qui est socialement dominé.e. Mais plus encore, cette façon de faire laisse penser que la parole traduite qui est abrégée...
17. mai 2018
On tire à boulet rouge sur l’éducation nationale pour dénoncer le parcours du combattant des enfants sourds et de leurs familles qui souhaitent tout simplement poursuivre leur scolarité en langue des signes comme le permet la loi. Selfies, baguettes magiques, hashtag, on en veut à tout un système qui est à bout. Même les maires s’y mettent, c’est dire si l’heure est grave. Il y a bien sur la sempiternelle incompétence de l’éducation nationale qui ne fait pas de miracles avec trois-francs-six

28. mars 2018
Il sera encore plus difficile pour les étrangers de comprendre où, comment et à qui s’adresser, quelles sont les démarches à suivre pour obtenir le statut, quelles pièces rassembler, comment trouver un abri pour soi et ses enfants ou comment se soigner tout simplement. Tout ça bien sûr sans parler français, sans interprète, mais ça n'est pas grave puisque pour ceux qui présentent des projets de loi on peut très bien faire tout ça en globiche.
15. janvier 2018
Ce qui frappe le plus, c’est la grande technicité que l’exercice impose. Je vous passe l'enchaînement des audiences, les tensions à gérer et les profils linguistiques très variés des requérant (un interprète en albanais a eu à traduire un ressortissant kosovar et tout de suite après couple rom). Interpréter dans ce contexte fait appel à tout le spectre des techniques: de la consécutive avec prise de notes lorsque le rapporteur fait état du dossier du requérant (une longue présentation qui...

10. décembre 2017
Il y a quelques mois est sorti un roman policier dont vous avez surement entendu parler, La daronne ou l’histoire de Patience Portefeux, traductrice-interprète arabe-français pour les services de police qui s’embarque dans une sombre affaire de trafic de drogue (je ne vous en dis pas plus). Ce roman de Hannelore Cayre est à lire absolument. Premièrement pour l’histoire, mais aussi parce qu’en tant qu’interprète on mesure la portée des passages un tantinet rugueux sur la situation des interprètes
25. octobre 2017
On ne répétera jamais assez qu’il est important de former toutes celles et ceux qui ont la responsabilité de porter la parole de l'Autre et de la traduire. Celle des femmes étrangères et des femmes sourdes est des plus fragiles car elle mêle généralement un parcours difficile, une censure de soi et une méfiance envers un environnement dont les codes ne sont pas encore connus. Cette parole est des plus difficiles à traduire peut-être aussi parce que c’est la plus dure à entendre, son écho laisse

19. août 2017
Dans l'article "Expulsions locatives, on est les passagers clandestins de nos propres vies" paru dans le Libé du 9 août on peut lire : "Adhira (14 ans) est venue soutenir son père. Elle sort un instant de son rôle d'interprète et promet : on va s'en sortir, on a déjà remboursé, on est des travailleurs, on ne pose pas de problèmes..." Cette phrase couvre une réalité qui ne doit pas laisser indifférent...
30. mai 2017
Aujourd'hui j'étais l'invitée d'Yvan Amar pour son émission "La danse des mots" sur RFI. C'était un honneur pour moi de participer (EN DIRECT !) à cette émission que j'aime beaucoup pour parler d'interprétation et bien sûr de mon ouvrage. C'était aussi ma première fois à la radio, exercice pas si simple mais vraiment passionnant ! Merci à toute l'équipe de #RFI

21. avril 2017
Il y a quelques jours de cela, je jetais un œil distrait sur LCI quand la ligne Flash en bas de l’écran m’a littéralement happée. Il était écrit « Fillon : l’immigration sans assimilation doit être stoppée ». C’était apparemment la phrase choc qu’il avait prononcée lors de son meeting du jour et la citation allait et venait en bas de l’écran comme une bonne nouvelle. Je n’ai pu m’empêcher de faire immédiatement le lien avec notre profession d’interprète et de penser aux conséquences de ce...
02. avril 2017
Il est possible d'analyser la situation de l’interprétation de service public autrement. Non plus au travers du prisme technique ou contextuel, mais au travers de celui des enjeux de domination d’un groupe social sur un autre. En faisant cela, on peut appréhender des pistes de réflexions bien différentes : sexisme, racisme, glottophobie, mépris de classe...

Afficher plus